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Le Cercle du Sillon est l’héritier naturel du Sillon de Marc SANGNIER, figure fondatrice et Président d’honneur du MRP (Mouvement Républicain Populaire) devenu l’UDF mué en Mouvement Démocrate aujourd’hui.
Le MRP, conçu par un jeune homme, Gilbert DRU, fusillé Place Bellecour à Lyon le 27 Juillet 1944 est considéré avec Marc SANGNIER, comme la « figure fondatrice ».
George BIDAULT – présenté à tort par les historiens - comme le fondateur du MRP mais tout de même figure historique, fût lancé par Francisque GAY qui lui permit d’écrire dans « La Vie Catholique » mais surtout à « L’Aube », journal porte-parole du MRP.
L’esprit du Sillon de Marc SANGNIER et l’action d’un homme comme Francisque GAY ont influencé, façonné la France actuelle. Le MRP se mua en parti considéré comme centriste, soit « de droite », alors que Marc SANGNIER, tout comme Francisque GAY, ont toujours été classé à gauche.
Officiellement, le MRP a disparu en 1965, laissant sa place au Centre Démocrate de Jean LECANUET, puis à Progrès et Démocratie Moderne (PDM) ; puis au Centre des Démocrates Sociaux.
En 2003, l’UDF de François BAYROU, où milite notamment Anne-Marie Idrac, la fille d’André COLIN, ancien Secrétaire Général du MRP, est l’héritière, juridiquement, de tous ces partis qui ont succédé au MRP. L’UDF est seule à se réclamer du SILLON, lequel a essaimé partout, sauf à l’extrême droite…
Une immense influence politique
Charles De Gaulle, s’il ne peut être rangé parmi les « sillonnistes », eut de fortes accointances dans les années 1930 avec la Jeune République, en particulier André Lecomte, qui fit connaître parmi ses amis la doctrine militaire l’officier catholique. C’est L’aube, comme journal, que De Gaulle choisit, en février 1933, à la demande de Francisque Gay et André Lecomte, pour exprimer sa doctrine, clôturant anonymement une série de papiers sur les questions militaires. Comment aurait-il choisi alors le journal d’opinion le plus abominé par Maurras pour s’exprimer ? De Gaulle fut aussi membre des « Amis de Temps présent » dont il fut un des premiers abonnés.
Deux hommes à la Chambre disait De Gaulle, portaient le mieux ses convictions militaires : Paul Reynaud - qui l’appela, quand c’était trop tard, au gouvernement et lui donna le premier argent qui pût lui être utile à Londres pour fonder la France libre - et le jeune Républicain Philippe Serre, qui fut ministre du Front Populaire.
Le MRP fut appelé « parti de la fidélité » aux idées et à la personne du général De Gaulle, même si le divorce fut rapide. Alain Poher, ancien MRP, fut à deux reprises président de la République par intérim, en l969 et en 1974. Il avait ait été, jeune, un militant et un vendeur à la criée de L’Aube. Dans une lettre à Blanche Gay qui le félicitait d’être à l’Elysée, le 12 avril 1969, Alain Poher expliquait vouloir placer cette courte période d’intérim « dans l’esprit du Sillon ».
Georges Pompidou, voilà un épisode méconnu de son parcours, fut associé au lancement de I‘Eveil des peuples de Marc Sangnier. Ce jeune normalien était alors un socialiste combatif !
Si rien ne semble relier Valéry Giscard d’Estaing au Sillon, ce ne fut paradoxalement pas le cas de son successeur François Mitterrand. Ce dernier, qui amena la gauche à la Victoire en 1951, fut souvent accusé d’avoir été de droite, voire d’extrême droite dans sa jeunesse, et d’appartenir à un milieu familial réactionnaire. Pour récuser ces allégations, il avait toujours une même réponse c’est son oncle maternel Robert Lorrain, un sillonniste de la première heure, mort jeune, qui a exercé sur lui la plus grande influence morale et politique. Ce parrainage était imparable.
Enfin, Jacques Chirac, l’ancien Président de la République, a été longtemps classé parmi les « gaullistes de gauche », avec des Léo Hamon, des René Capitant - un homme qui découvrit De Gaulle par le truchement d’André Lecomte - et n’a jamais répudié cette filiation.
Le dirigeant socialiste Lionel Jospin, de famille protestante de Meudon, et d’une extrême pudeur sur tout ce qui est religieux, a lui aussi une parenté avec le Sillon : son père, Robert, socialiste pacifiste, collabora avec Marc Sangnier à L’Eveil des peuples au début des années 1930. Et surtout, il eut pendant vingt ans pour beaux-parents - Jean et Paulette Dannenmüller, les grands-parents de ses enfants - deux personnes liées par toutes les fibres de leur corps au Sillon, à Marc Sangnier et aussi à action de Francisque Gay.
Tout l’échiquier politique
Mais l’esprit du Sillon, et celui des fondateurs du MRP, se trouve sur tout l’échiquier politique et n’est l’apanage de personne. Le mouvement gaulliste a eu les concours de Maurice Schumann - en tout cas dans les dernières années de sa vie politique, d’Edmond Michelet, de Louis Terrenoire notamment.
Au PS, on a pu trouver des hommes comme Jaques Delors ou Robert Buron, et au PC un Anicet Le Pors - qui devait le quitter dans les années 1990 - qui fut ministre de Mitterrand.
Mais aussi, l’opposition de Bidault à la politique algérienne du général De Gaulle, son soutien à l’OAS, ont emmené avec lui quelques personnalités que l’on ne peut que classer « très à droite », même si, après l’indépendance de l’Algérie elles ont pour la plupart renoué avec leurs familles d’origine.
Un peu plus d’histoire…
Silloniste, ami, collaborateur, de Marc SANGNIER, Francisque GAY, fondateur du MRP, de « La Vie Catholique » et de « L’AUBE », écrivit en 1935 dans « Mémoire Confidentiel » que les chrétiens « sociaux » étaient répartis politiquement dans plusieurs groupes au parlement. Il propose leur unification, mais aussi leur élargissement et l’alliance sur de nombreux points avec d’autres forces, notamment de gauche.
Francisque GAY est pratiquement inconnu des jeunes générations. Toute sa vie fut une action au service de la « cause » et était un « révélateur » et « lanceur » d’homme et de femmes. Marc SANGNIER fut un « éveilleur » d’âmes ».
Plus que jamais d’actualité…
Extrait du « Mémoire Confidentiel » de Francisque GAY
« Quelle ne serait pas l’importance de ce super groupe ! Son importance sur le plan électoral et sur le plan parlementaire s’accroîtrait de législature en législature. Il pourrait, ou devrait être en quelques années, le groupe le plus fort de tout le Parlement. Peut-être, j’oserais même dire certainement, devrait-il au départ laisser aller vers les droites ceux qu’effraie trop une politique hardie de réformes sociales, et d’ententes internationales et, vers les gauches, quelques intransigeants, mais l’exemple de ceux qui resteraient pourrait hâter cette véritable réconciliation républicaine démocratique si ardemment souhaitée par nos aînées. Le jour où s’opèrerait ce rassemblement, le jour où il s’opèrera, car il faudra bien qu’il se fasse, c’en sera fini de tous les vieux préjugés qui ont pour si longtemps exclu des majorités républicaines tous ceux qui refusaient d’accepter le dogme d’un laïcisme sectaire. »
Effectivement, le « rassemblement » se fit, comme Gay le pressentait, dans le cadre des Nouvelles Equipes Française (la NEF) réunissant ceux qui étaient prêt à en découdre avec le nazisme ; puis, au début, sous la forme du Mouvement Républicain Populaire (MRP).
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